Bayrou attend son heure !Au pied des Pyrénées, Bayrou attend son heure Rodolphe Geisler 08/08/2008 | Tiré du site du Figaro.fr. . ![]() Le président du MoDem va se ressourcer en famille «au milieu d'une nuée d'enfants » dans la maison familiale de Bordères, riche de souvenirs. Crédits photo : Eyedea Presse Devoirs de vacances (4) - Le président du MoDem travaille à la rédaction d'un nouveau livre politique.Cela vient du plus profond de son cœur. Un simple nom de région. De sa région, prononcée trois fois de suite comme pour mieux en marquer l'attente : «Pyrénées, Pyrénées, Pyrénées…» Pas vraiment une surprise. Une habitude même. Mais après deux années électorales particulièrement chargées en émotions pour le troisième homme de la présidentielle de 2007, la question ne se pose même pas. C'est naturellement, chez lui, dans sa maison de Bordères, près de Pau, que François Bayrou entend se ressourcer. Des vacances en famille, «au milieu d'une nuée d'enfants de tous âges, pleine de bruits et de fureurs». Mais seulement «deux ou trois semaines, après la session parlementaire extraordinaire», dit-il. Discret sur ses vacances béarnaises, le député des Pyrénées-Atlantiques concède tout au plus qu'il lira. «Mais je lis tous les jours», corrige aussitôt cet agrégé de lettres classiques. Enfant déjà, «faute d'avoir eu à l'époque une réelle éducation musicale», il se réfugiait dans la poésie. Cet été, lecture donc, mais surtout écriture. «Je vais écrire un livre politique sur la question qui se pose aujourd'hui à la France : Qu'est-ce qui se passe vraiment, qu'est-ce qui est dissimulé derrière ce brouillard d'activisme ? Bref, où va-t-on ?», confie-t-il.
«Être digne de son destin»Il est comme ça, François Bayrou. La politique n'est jamais loin. À ses détracteurs qui lui reprochent d'être obnubilé par l'idée d'entrer un jour à l'Élysée, il répondait, quelques jours après sa défaite à Pau aux municipales en mars, qu'il croit au destin. À son destin. «Oui, j'ai toujours pensé que, dans toute vie, il y avait un destin, y compris dans la mienne (…) La seule question qui se pose, c'est : “Est-ce que vous choisissez d'être digne du destin qu'il y a dans votre vie ou est-ce que vous renoncez à être digne du destin qu'il y a dans votre vie ?”» Le destin, pourtant, ces deux dernières années, n'a pas été particulièrement tendre avec lui. Perte de son groupe à l'Assemblée nationale après la dissolution de l'UDF dans le MoDem. Mais, surtout, une défaite personnelle à Pau, la capitale du Béarn, dont ce biographe reconnu du bon roi Henri IV se voyait devenir le maire. Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy se plaît à parler de François Bayrou comme «du conseiller municipal d'opposition de Pau». En juillet, François Bayrou a poursuivi son combat contre le président de la République. Le premier, le leader centriste a dénoncé «les protections au plus haut niveau», celui de Nicolas Sarkozy, dont aurait bénéficié Bernard Tapie dans l'affaire du Crédit lyonnais. Il a ainsi ouvert une polémique dans laquelle se sont engouffrés les socialistes qui ont demandé la création d'une commission d'enquête parlementaire. Les épreuves traversées devraient nourrir les réflexions du président du MoDem pendant ses deux ou trois semaines de repos passées loin de la capitale. L'occasion, aussi, sans doute, de peaufiner sa stratégie pour imposer son nouveau parti comme la troisième force politique française. Un rêve ? François Bayrou en est en tout cas persuadé : il y a en France une place pour un centre fort et indépendant, répète-t-il. Même si, dans un entretien accordé au Figaro début juillet, il expliquait que «pour proposer au pays un destin autre que celui vers lequel on l'emmène, il faudra des alliances larges». Avec qui ? Les gaullistes et les chiraquiens qui ne se reconnaissent pas dans la présidence Sarkozy, sûrement. Le PS ? Il ne l'écarte pas. Mais quand ? À l'occasion des prochaines européennes ? Des prochaines régionales ? Pour l'heure, il attend de voir et laisse les socialistes résoudre leur «problème de projet et de leader». Et continue de se poser en «seul défenseur du pluralisme» en France. «Il n'y a plus désormais qu'un mouvement politique qui soit le défenseur du pluralisme en France, et c'est ici qu'il se trouve», avait-il lancé devant quelque 1 500 élus et ex-candidats aux municipales du Mouvement démocrate, réunis fin avril à Paris. |
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