Débat: Jean Pierre AlixFORUM 78 du 5 juillet :Le débat avec François BayrouNB : les titres correspondent aux questions posées, dans l’ordre, par les intervenants ; les textes aux arguments énoncés dans les réponses par FB. L’Europe ?Si le traité était proposé à referendum, il serait refusé par de nombreux peuples. Trop expert, trop complexe, même quand il est dit simplifié. Car les experts se trompent souvent. Il faut renverser les choses : c’est le citoyen qui est concerné en premier. La Constitution européenne devrait être un texte de trois pages compréhensible par l’ensemble des citoyens. L’Europe, c’est celle de ses forces vives, de ses peuples, des entrepreneurs, des chercheurs, de ceux qui veulent un avenir commun. Notre travail politique c’est de la rendre compréhensible à tous ceux qui s’en sentent le plus loin. C’est le droit du citoyen le plus humble. Il faut rendre ses racines populaires à l’Europe. En commençant par nous-mêmes, dans notre pays ! La gouvernance mondiale ?Je ne crois pas et m’opposerai à un gouvernement mondial entre les mains d’un groupe. Ce qu’il faut c’est un système d’équilibre entre les grands : l’Europe, l’Amérique latine, les USA, la Chine, l’Afrique, le Sud-est asiatique. C’est ensuite une discussion commune de solutions compréhensibles par tout le monde. Pas de déséquilibre, pas de poids lourd ‘libre’ (sous-entendu d’imposer sa volonté aux autres) ! Il nous faut donc construire une Europe capable de ‘tenir la route’ dans un tel monde. Le Traité devrait être voté par tous les peuples ?Aux arbres, il faut le temps de pousser ! On s’étonne parfois du temps qu’il faut aux idées pour devenir de réalités. Vaclav Havel, homme de lettres, de théatre rappelait toujours l’impatience des enfants, qui voulaient tirer sur les feuilles des arbres, espérant qu’ainsi ils pousseraient plus vite. Il faut aux arbres du temps pour pousser. Réfléchissons à cette autre difficulté : à l’échelle de notre pays, on admet que les minoritaires se soumettent à la majorité après un vote; mais à l’échelle européenne, on ne l’admet pas. Le cadre spontané du raisonnement politique est le cadre national. Il est donc nécessaire qu’un lieu solennel existe entre les 27 pays pour la discussion des questions internationales. Ce que nous voulons c’est une Europe « les yeux ouverts ». Questions à propos de l’énergieOn sait l’épuisement rapide des ressources que la nature a longuement fabriquées. Ce qui compte c’est que les peuples soient associés aux décisions et qu’ils les comprennent. L’internet peut faire beaucoup. Il reste à inventer le WIKI qui le permettra. Sur la sécurité socialeOn oppose souvent lapproche comptable qui conduit au déremboursement des médicaments, et approche solidaire décidée en 1945. C’est sans doute vain. La question du déficit doit d’abord être bien posée. D’où vient celui-ci ? Le déficit augmente parce que la maladie augmente. Il provient d’une vision curative, et non préventive, de la maladie. Le MoDem et les électionsDeux principes : 1/ Le MoDem est prêt au dialogue, il est ouvert. 2/ Pas de mélange dur-mou. On n’a plus besoin d’un centre mou ! Faut-il en effet s’attarder à des accommodements ou aller à l’essentiel ? Nous avons d’abord besoin de ceux qui tiennent le coup dans la difficulté. Si on est rigoureux et intègre, on devient une référence. Et les gens s’approchent de vous. L’immigrationAujourd’hui cette question est traitée comme un problème de chiffres. Elle suit de traitements distincts entre le France, l’Espagne, … ? Le fait même de fixer un chiffre, dont on sait qu’il ne peut être atteint, indique le peu de cas qui est fait de cette question. C’est de la communication pour exciter une partie de l’opinion, qui est efficace, mais ne se base que sur l’instinct. Il faut une politique nouvelle en faveur de ceux qui ont un travail et sont insérés. Pour le reste, c’est l’Europe qui doit s’en charger. La Constitution et la réforme des institutions et les langues régionalesLes langues régionales appartiennent au patrimoine national. Claude Hagège, linguiste au Collège de France, médaille d’or du CNRS, qui étudie près de 175 langues, et en pratique environ la moitié, dit que l’on connaît mieux sa langue lorsqu’on en connaît d’autres. Sur la réforme des institutions, c’est un peu comme si on agitait la cape devant le torero, pour le leurrer ! On ne fait pas la seule réponse utile, qui consiste à respecter l’équilibre, et la séparation, de l’exécutif et du législatif. Michel Debré avait ainsi défini les choses : « Un chef de l’Etat et un Parlement séparés, encadrant un gouvernement issu du premier et responsable devant le second ». Il n’y a pas de formule plus concise. Une loi électorale juste, c’est que le député tienne son élection du citoyen, et non de l’appartenance au parti du président. Donc la représentation devrait être proportionnelle. Une dose de proportionnelle de 10% environ corrigerait les excès du scrutin majoritaire actuel. Le MoDem aurait alors une quarantaine de députés. L’élection des conseillers générauxNous vivons les dernières élections ‘à l’ancienne’ du Conseil général. Il faudra fusionner les régions et les départements, et qu’ils comprennent les mêmes élus, avec une répartition des responsabilités entre les questions plus locales (comme le social) et les autres questions à l’échelle d’une région. L’école républicaineSi 15% des enfants de 10 à 12 ans souffrent d’illetrisme, où est l’école républicaine ? Les enfants ne poussent pas ‘alignés comme des poireaux’. Il faut une école attentive à la différence de maturité. L’agricultureLa crise énergétique et alimentaire que nous traversons met en évidence la nécessité de renforcer la culture des sols. Les progrès de productivité possibles sont très grands : sur 1,3 milliards de paysans dans le monde, 300 millions seulement ont une bête de somme, et 30 millions un tracteur. Il faudra aussi gérer l’eau. Une idée est de rendre autonomes les zones agricoles dans les différentes régions du monde et d’en faire un marché commun (préférence). |
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